Tu es infirmière, soignante engagée, et depuis quelque temps une question revient sans cesse : comment évoluer sans tout recommencer ? Entre VAE, VAP, diplôme, formation, acquis, expérience, tu te retrouves face à un labyrinthe administratif où chaque mot semble promettre une voie… sans jamais vraiment t’expliquer laquelle est la bonne pour toi.
Peut-être veux-tu obtenir un diplôme, accéder à un master, intégrer une école, sécuriser un projet professionnel, changer de poste ou lancer une reconversion. Tu as des années de pratique, un niveau réel, des compétences solides, mais tu ne sais pas par où passer : dossier, livret, jury, oral, organisme certificateur, université, établissement public… chaque information te renvoie à une nouvelle étape.
VAE ou VAP ? Deux dispositifs, deux logiques, deux voies d’évolution. L’une vise l’obtention d’un titre ou d’une certification professionnelle, l’autre permet d’accéder à une formation malgré l’absence du diplôme requis.
Dans cet article, je vais t’aider à identifier la différence, comprendre le parcours, les conditions, le financement, et surtout choisir la voie la plus juste pour ta vie professionnelle de soignante.
La VAE pour les infirmières

Je sais que cela surprend parfois mais, la VAE est possible pour les infirmières. Je te dis tout.
Qu’est-ce que la VAE ?
La VAE, est la validation des acquis de l’expérience. C’est un processus qui te permet de valider ton expérience, en rapport direct avec un diplôme visé, un titre professionnel, ou un certificat de qualification professionnelle (CQP), à condition que la certification professionnelle soit enregistrée dans le répertoire national (RNCP).
L’idée est simple : tu utilises les ce que ton expérience t’as permis de comprendre et assimiler, pour obtenir un diplôme, sans repasser obligatoirement par la formation initiale. Tu prouves que tu maîtrises déjà les compétences attendues.
Ensuite, un jury évalue ton dossier de VAE et ton oral (entretien). À la fin, tu peux obtenir une validation totale, ou une validation partielle si certains blocs ne sont pas validés.
En clair : avec la VAE, tu veux obtenir le diplôme correspondant grâce à ton expérience en rapport celui-ci.
Les conditions pour accéder à la VAE
Les conditions sont plus ouvertes qu’une idée reçue. La VAE est accessible à toute personne, quel que soit :
- l’âge,
- le niveau (bac ou supérieur),
- le statut (salarié, agent du public, activité indépendante),
- ou la situation.
Tu dois surtout pouvoir justifier d’une expérience en rapport avec la certification visée. Le cadre est posé par le code du travail et piloté côté dispositifs par les acteurs publics, notamment le ministère du Travail.
Point très important : une VAE dans ton domaine ne signifie pas obligatoirement une VAE dans ton métier exact. Cela signifie que tes missions ont un rapport direct avec le référentiel du diplôme visé (compétence, activité, responsabilités, pratique).
Quel est le parcours pour la VAE ? Les étapes qui reviennent presque toujours
Le parcours VAE varie selon l’organisme certificateur, mais tu retrouves une logique commune :
- Choisir le diplôme visé : diplôme, titre, CQP, certification professionnelle enregistrée au RNCP, avec un lien avec le diplôme et tes missions réelles.
- Faire une demande de recevabilité : c’est le fameux dossier de recevabilité, souvent associé au livret initial. Tu décris ton parcours, ton expérience professionnelle, tes activités, ton objectif.
- Rédiger le dossier de validation : tu présentes des situations professionnelles, tu démontres tes compétences, tu relies tout au référentiel.
- Accompagnement à la VAE (optionnel mais souvent très utile) : méthodologie, structuration, relecture, entraînement à l’oral.
- Oral et entretien avec un jury : tu défends ton dossier, tu réponds, tu illustres par ta pratique.
- Décision : validation totale (obtention du diplôme) ou validation partielle avec des compléments à prévoir.
Si tu veux éviter de t’éparpiller, je te recommande de vérifier dès le début : la certification visée, l’organisme certificateur, et le rapport avec le diplôme (expérience en rapport, rapport direct). Cela t’évite un dossier hors sujet.
Comment financer la VAE ?
Le financement dépend de ton statut : activité salariée, agent public, indépendante, demandeuse d’emploi. Tu peux :
- mobiliser des dispositifs de formation professionnelle,
- un financement employeur,
- ou des prises en charge via des acteurs du financement de la formation.
La plateforme France VAE peut aussi intervenir dans l’orientation et la structuration du parcours, selon les certifications et les régions.
LA VAE peut inclure : des frais de dossier, d’accompagnement à la VAE, de préparation à l’oral, et parfois des frais liés à l’organisme certificateur.
Si tu veux une approche vraiment stratégique, un bilan de compétences spécial IDE peut t’aider à identifier le diplôme correspondant le plus pertinent, à vérifier le lien avec le diplôme, et à choisir la voie (VAE et VAP) la plus efficace pour ton évolution professionnelle ou ta reconversion professionnelle. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent une mesure utile quand tu hésites entre plusieurs options.
À noter : chez Infirmière Reconversion, notre accompagnement est finançable par ton CPF !
Cas particulier : la VAE pour les infirmières diplômées avant 2012
Si tu es infirmière diplômée avant 2012 et que tu veux faire évoluer ton cursus, tu peux rencontrer une difficulté spécifique : selon ton projet (souvent un master, une licence, ou certains parcours universitaires), ton diplôme peut ne pas être reconnu automatiquement au niveau attendu par l’enseignement supérieur.
Dans ce cas, la VAP sert fréquemment à prouver ton niveau et à accéder à une formation, notamment à l’université.
Découvrons la validation des acquis professionnels !

Encore un sigle… La VAP !
Qu’est-ce que la VAP ?
Ici, l’objectif n’est pas d’obtenir un diplôme. L’objectif est d’accéder à une formation, parfois d’y accéder directement, même si tu n’es pas titulaire du diplôme normalement exigé à l’entrée.
La VAP fonctionne comme une demande d’accès dérogatoire à une formation. Tu constitues un dossier dans lequel tu présentes ton parcours professionnel, ton expérience, tes compétences, tes responsabilités et ton projet.
Ce dossier est étudié par l’établissement (université, école, institut de formation) qui vérifie si ton niveau réel compense l’absence du diplôme requis. L’objectif n’est pas de te délivrer un titre, mais de démontrer que tu as les capacités pour suivre la formation visée.
Si ta demande est acceptée, tu peux intégrer directement le cursus, comme n’importe quel autre candidat. La VAP ne t’évite pas la formation, elle t’ouvre simplement la porte pour y accéder. C’est parfois précieux !
Exemple concret
Une université te demande une licence pour candidater à un master. Tu n’as pas le diplôme requis, mais tu as une solide expérience professionnelle, des responsabilités, un parcours de service riche. La VAP te permet de faire reconnaître ce niveau et d’intégrer l’enseignement supérieur.
La VAP reste donc un dispositif d’accès, une procédure qui aide à reprendre des études, à intégrer une école, un institut de formation, une université, ou une formation professionnelle, selon les établissements et le type de recherche de la candidate.
Comment choisir vite entre VAE et VAP ?

Tu te trouves donc face à un choix à faire.
Les différences entre VAE et VAP
Je te donne la différence la plus importante. Choisis :
- la VAE : si tu veux obtenir un diplôme (ou une certification), grâce à ton expérience en rapport avec celui-ci.
- la VAP : si tu veux accéder à une formation, même sans le diplôme requis.
Autre différence, dans l’organisation, cette fois : la VAE se termine devant un jury de validation. La VAP se termine par une décision d’admission (commission pédagogique, établissement).
Faire ton choix
Je te propose un plan simple en 3 étapes :
- Définis ton objectif : obtenir un diplôme, obtenir le diplôme correspondant, ou accéder à une formation.
- Identifie le diplôme visé et vérifie le rapport direct avec ton expérience professionnelle (expérience en rapport avec le diplôme).
- Choisis la voie : VAE si tu veux l’obtention du diplôme via validation des acquis, VAP si tu veux accéder directement à un cursus en enseignement supérieur.
Tu gagnes énormément de temps quand tu traites ce choix comme une démarche, pas comme une recherche floue. Tu passes de “je veux évoluer” à “je sais quelle procédure déclencher”.
Au fond, VAE et VAP ne sont pas des labyrinthes administratifs, ce sont des leviers.
La VAE te permet de transformer ton expérience en diplôme, de faire reconnaître officiellement ce que tu sais déjà faire.
La VAP, elle, t’ouvre l’accès à une formation quand ton parcours ne rentre pas dans les cases académiques classiques.
Ce qui fait vraiment la différence, ce n’est pas le dispositif en lui-même, c’est la clarté de ton objectif. Veux-tu obtenir un titre grâce à ton vécu ? Ou veux-tu reprendre des études et franchir une barrière administrative ? Une fois cette question posée, le choix devient simple, presque évident.
Tu as le droit de te faire accompagner, de structurer ton projet, de sécuriser chaque étape. Ta carrière mérite une stratégie, à la hauteur de ton engagement de soignante.